La violence dans les littératures urbaines d’Asie.
Présentation par Brigitte Duzan du numéro deux de la revue Jentayu avec des textes de Chine continentale et de Taiwan. Il est consacré est consacré aux diverses représentations de la violence dans les littératures urbaines d’Asie.
Pour ce qui concerne le domaine chinois, au sens large, ce numéro de Jentayu propose quatre textes, chacun étant introduit, selon l’excellent principe de la revue, par une présentation de l’auteur et du contexte.
- « L’îlot résidentiel » est un texte de l’écrivain taïwanais Hwang Chun-ming (黃春明) tiré de son recueil d’essais « Les pensées de Mao Mao » (《毛毛有話》), où Mao Mao est un bébé dont le regard « frais mais lucide » révèle les tares et tensions de la capitale taïwanaise dans les années 1990. Les pensées de Mao Mao (le recueil)
- Autre texte taïwanais, « Splendeur fin de siècle » (《世纪末的华丽》) est tiré du recueil de nouvelles éponyme de la romancière Chu Tien-wen (朱天文). Bien qu’ayant été récemment couronné du prix Newman de littérature, le recueil date de 1990, et c’est donc une autre perspective sur les tensions nées de la confrontation entre tradition et modernité, et entre générations, dans la ville de Taipei. La nouvelle qui a donné son titre au recueil est la plus connue, et certainement la plus réussie, du recueil.
- Côté Chine continentale, la violence est abordée sous un aspect original dans la nouvelle « Smog » (《霾》) de Chen Qiufan (陈楸帆), l’un des meilleurs auteurs de la jeune génération de la science-fiction chinoise. Ecrit en 2010, « Smog » touche un sujet encore peu médiatisé à l’époque, la qualité de l’air, qui a depuis lors atteint des proportions telles que c’est devenu l’un des problèmes majeurs affectant les centres urbains chinois. Chen Qiufan Smog (ill. Jentayu) en fait un sujet de science-fiction qui se prête très bien au caractère fantasmatique que prend l’ampleur du phénomène, le brouillard gagnant les esprits, la mémoire et l’imaginaire autant que le paysage.
- Enfin, c’est du Tibet que nous vient une nouvelle de 2005 de Tsering Norbu (次仁罗布) : « L’assassin » (《杀手》). Histoire de double rédemption sans meurtre, c’est un récit qui relativise la violence en dépassant les schémas ordinaires de vengeance rituelle sur un mode spécifiquement tibétain, mais qui pourrait s’appliquer à tous les pays que couvre Jentayu.
Lire le texte intégral du billet sur le blog La nouvelle dans la littérature chinoise
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Jacqueline Nivard (29 juin 2015). La violence dans les littératures urbaines d’Asie. ChinElectrodoc. Consulté le 15 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/mqqb
