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Jentayu 4 : Cartes et territoires

Cartes et territoires. Jentayu, n° 4 (2016). Disponible en version papier ou e-book.

Frontières éphémères

Édito

Première-de-couverture-133x189TOUTE FRONTIÈRE imaginée par l’homme est le fruit d’un arbitraire. En d’autres termes, elle n’est qu’une construction intellectuelle, une illusion, un mirage constamment pris en défaut par des facteurs sur lesquels l’homme, malgré ses prétentions de grand ordonnateur, n’a pas d’emprise. Une frontière pourra être presque tangible un jour, réduite à néant le lendemain, avant de se voir redessinée par d’autres, ailleurs. De ce constat, on déduit que tout ce qui découle d’une « appartenance », d’un attachement à des frontières ne sera jamais, au mieux, qu’une abstraction fédératrice, au pire, qu’une vaste et dangereuse supercherie. Nationalités, passeports, cartes, drapeaux… Autant d’idées et de déclinaisons d’idées ô combien puissantes mais finalement creuses desquelles nous dépendons tous au quotidien et auxquelles sont asservies tant de vies.

C’est de la profonde irréalité de cette expérience d’« appartenance » – et donc, de la profonde réalité de son inconstance, voire de son inconsistance – dont il est en grande partie question dans les textes et photographies venus de neuf pays d’Asie et rassemblés dans ce quatrième numéro de Jentayu. Quel symbole plus fort que la Grande Muraille de Chine pour démontrer l’étendue de la vanité humaine ? L’écrivain chinois Han Song s’en amuse en imaginant la découverte d’autres tronçons de murailles… aux États-Unis, jetant un trouble immense chez ce touriste chinois et provoquant l’effondrement de quelques certitudes. Chez l’auteur indien Prajwal Parajuly, c’est le déplacement forcé – et bien réel – de dizaines de milliers de Bhoutanais d’ethnie népalaise hors du Bhoutan, qui illustre l’impermanence d’une « terre à soi » et les caprices absurdes des hommes. Même son de cloche chez l’écrivain malaisien Faisal Tehrani, qui dénonce dans son dernier roman l’intrusion violente des intérêts financiers sur les terres ancestrales du peuple penan, dans les forêts de l’île de Bornéo. Comme l’écrit le poète thaïlandais Zakariya Amataya, « il doit y avoir un malentendu en ce monde »…

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Des extraits de la revue sont consultables en libre accès

Monique Abud
Monique Abud
Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine, EHESS, Paris, France

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Monique Abud (13 juillet 2016). Jentayu 4 : Cartes et territoires. ChinElectrodoc. Consulté le 15 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/mqvv


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